MPSV 2017: «Réinventer les relations entre monde du travail et culture» (Philippe Martinez, CGT)





« Parler du rapport entre la culture et le monde du travail n’est pas incongru, mais mal placé – et c’est (…) du fait de l’organisation et de la conception du travail aujourd’hui. Les dirigeants de l’économie refusent l’idée que l’on puisse avoir au travail une autre occupation ou une autre pensée que viser à améliorer la productivité ou à être plus efficace. Il y a besoin de réinventer les relations entre le monde du travail et le monde de la culture, mais surtout parce que c’est le même monde – un monde de travailleurs qui créent », déclare Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, lors du débat « Émancipation, culture et monde du travail », organisée à la MPSV lors du 71e Festival d’Avignon le 11/07/2017.

Les difficultés des artistes à entrer dans les entreprises, les problèmes des comités d’entreprise, des expériences novatrices et fécondes, les nécessités d’une réappropriation du champ du travail par les créateurs, tels sont les principaux sujets évoqués lors de ce débat, auquel participaient également Nicolas Naudé, directeur de Travail et culture, Bruno Lajara, metteur en scène, Centre d’art et de transformation sociale d’Arras (Pas-de-Calais), et Eddy Combret, trésorier général adjoint de la CCAS-Les Activités sociales de l’énergie. Avignon Pro rend compte des échanges.


« Les dirigeants de l’économie refusent l’idée que l’on puisse avoir au travail une autre pensée que l’amélioration de la productivité » (Philippe Martinez)

  • « Parler du rapport entre la culture et le monde du travail n’est pas incongru, mais mal placé – et ce n’est pas de notre fait, mais du fait de l’organisation et de la conception du travail aujourd’hui. Les dirigeants de l’économie refusent l’idée que l’on puisse avoir au travail une autre occupation ou une autre pensée que viser à améliorer la productivité ou à être plus efficace.
  • Il y a besoin de réinventer les relations entre le monde du travail et le monde de la culture, mais surtout parce que c’est le même monde – un monde de travailleurs qui créent.
  • Pour que parler de ce rapport soit moins tendu, il faut que l’on donne du temps aux travailleurs pour qu’ils aient le temps d’échanger, et c’est ce pour quoi la CGT se bat.
  • Beaucoup de repères ont été perdus et il y a aujourd’hui beaucoup d’expériences intéressantes au sein des comités d’entreprise – certains étant de grands acteurs historiques, d’autres plus récents – qui essaient de proposer des lieux de débats, d’échange et de connaissance. Ainsi, nous organisons ici à Avignon notre École du spectateur pour que les travailleurs comprennent le travail des créateurs.
  • La position de la CGT est d’affirmer que pour être bien dans son travail, il faut de la liberté de création, y compris pour un ouvrier ou un ingénieur. Nous affirmons depuis toujours une évidence que l’on résume simplement en disant qu’il n’y a pas que le travail dans la vie, et la culture est justement cet « autre chose » – des moments d’évasion, d’autres conversations que les objectifs fixés par les dirigeants d’entreprise, créer du lien social…
  • L’éducation populaire ne doit pas être un mot vide de sens pour que l’on soit bien dans sa vie au travail et hors du travail. Le syndicalisme peut être un acteur important de cette volonté d’éducation parce que notre approche du travail n’est pas la même que celle de ceux qui donnent du travail – ou nous en privent. »
  • Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

« Nous amenons des artistes à la rencontre des travailleurs pour essayer de lutter contre les injustices sociales » (Eddy Combret)

  • « Je suis toujours étonné que l’on sépare le monde de culture et celui du travail, comme s’il y avait d’un côté un monde cultivé et de l’autre un monde acculturé avec le travail. Cela donne l’impression qu’il faudrait nourrir le monde du travail inculte avec le monde de la culture.
  • J’affirme que le monde du travail est cultivé, qu’il a sa propre culture. Le syndicalisme est un monde de culture, de citoyenneté, de projet, de lutte, l’idées et de pensées. Il est important de pas mélanger les choses et de ne pas résumer la culture à l’art et aux lettres. Le monde du travail a des choses à dire sur sa culture, à mettre sur le table. Au moment de la grande période industrielle, les premiers ouvriers qui se regroupaient achetaient des livres pour apprendre à lire, pour pouvoir comprendre et signer leurs contrats, etc. L’engagement des comités d’entreprises se fait à ce niveau. Le monde du travail est en souffrance et à besoin de chercher et de comprendre. Pour nous, ce n’est pas l’œuvre en elle-même qui est importante mais la rencontre qu’elle provoque, ce qu’elle génère. La culture, c’est la relation à l’œuvre. Nous cherchons donc des moyens pour que le salarié s’enrichisse de la culture des autres et exprime la sienne.
  • Je ne réduis pas la place de l’art à la quête d’émancipation, mais nous amenons des artistes à la rencontre des travailleurs, pour essayer de lutter contre les injustices sociales et d’accès à l’art.
  • En 2015, 70% des spectateurs du Festival d’Avignon avaient un bac +3 et la moitié d’entre eux un bac +5. Nous voulons lutter contre ces injustices d’accès et ne pas cultiver l’exclusion. Nous organisons des rencontres avec des artistes. Nous les faisons sortir de leur écrin et aller dans la cité du travail. Il s’agit d’une démarche de médiation que tous les artistes n’acceptent pas de faire. C’est un travail de dés-intimidation : quand des artistes viennent chez les salariés pour leur dire des choses de grandes qualités, cela renvoie à un respect du salarié auquel il est sensible. Après chaque rencontre, nous exigeons que l’artiste descende de scène pour aller voir les spectateurs. L’artiste doit faire un chemin vers le salarié, parfois pour expliquer un langage qui est très complexe. On est dans cette démarche d’aller au devant de celui qui n’a pas la possibilité de connaître.
  • Il s’agit d’un projet dans la durée, qui porte ses fruits. Nous développons une programmation culturelle exigeante, qui engendre une adhésion large. Cela développe le respect du salarié dans sa capacité à accepter et critiquer un imaginaire qui lui est propre.
  • Nous avons investi dans les espaces de vacances, où les ouvriers sont disponibles et ouverts d’esprit, pour organiser des rencontres culturelles. Nous souhaitons provoquer cette rencontre très nécessaire avec une représentation de la richesse de création en France. Nous organisons cette année 1300 rencontres culturelles dans les centres de vacances, avec 85 spectacles différents par 400 artistes et techniciens. L’idée, c’est de provoquer des rencontres. Ce n’est pas facile car le travail est malade dans notre pays, parfois jusqu’à mener à une rupture, avec les suicides. Quand le travail est malade, le premier réflexe est de vouloir tout oublier durant ses temps libres, de ne surtout pas réfléchir, voir à s’isoler et la culture en souffre aussi. Il y a un vrai travail à faire pour créer des rencontres et de la médiation.
  • Il est difficile de créer un projet dans les usines car pour organiser ces rencontres, il faut d’abord parler avec les patrons, puis les responsables des ressources humaines, pour discuter des thèmes. On a réussi à rentrer dans des entreprises par l’angle de l’aspect culturel du travail, en montrant ce que le salarié met de lui-même dans son travail et ce qui le rend acteur de ce travail, et fier.
  • Un écrivain a écrit avec les ouvriers une nouvelle sociale, une fiction qui parlait d’eux. L’artiste leur a montré ce qu’ils mettaient d’eux dans le travail alors qu’eux ne le voyaient pas. Ils se rendent ainsi compte que l’artiste ne les utilise pas. Cela les fait parler de littérature, cela la rend compréhensible, accessible et ils se sentent légitimes d’en parler.
  • Il y a des droits qu’il faut encore gagner pour que la culture puisse être liée au travail, avec le droit de rentrer dans les entreprises, de financer des projets culturels et des droits collectifs pour les salariés. L’avenir est là, dans la revendication de droits collectifs des salariés sur ces questions. Le monde de l’art et du travail doivent travailler ensemble pour faire que le travail soit un lieu d’épanouissement. »
  • Eddy Combret, trésorier général adjoint de la CCAS-Les Activités sociales de l’énergie

« Utiliser les moyens de la création artistique peut régénérer la relation au travail » (Nicolas Naudet)

  • « Travail et culture est une structure d’éducation populaire dans la région Hauts-de-France qui développe des projets culturels et artistiques avec le monde du travail.
  • Pour aborder la question centrale de ce débat, il faut faire un détour réflexif sur la culture du travail. Le travail est un fait anthropologique majeur qui conditionne notre existence, et il est donc légitime d’interroger notre rapport au travail.
  • Quand on évoque la culture au travail, il faut donc faire un détour sur la culture du travail, c’est-à-dire comment les gens représentent leur travail et se représentent au travail.
  • D’ailleurs, permettez-moi une petite parenthèse : dans les conversations, il me revient régulièrement dans les discussions une sorte de mythification des Comités d’entreprise. On parle du travail formidable des CE dans les Trente Glorieuses, alors qu’aujourd’hui les CE seraient aujourd’hui des organismes de diffusion culturelle – des billetteries. Mais il faut aussi réaliser que la dernière étude commanditée par le ministère du Travail sur les CE date de 1998. Il y a une piste féconde à explorer pour essayer de comprendre la réalité, au-delà des gros comités comme ceux de la SNCF ou d’EDF.
  • Pour en revenir à la représentation du monde du travail, il existe des pistes fécondes.
  • La première piste que je vais évoquer n’est pas de Travail et culture. Le compositeur Nicolas Frize travaille depuis au moins 30 ans sur la prison, l’hôpital, le monde du travail. Il avait travaillé jadis chez Renault puis, récemment, est allé pendant deux ans travailler chez PSA à Saint-Ouen, pour une œuvre qui a été créée en 2014. Il a collecté la parole de gens qui évoquent leur travail comme quelque chose de personnel. Il a passé beaucoup de temps à parler aux salariés, à observer les codes du travail, à faire fonctionner un atelier de lutherie à partir des rebuts de tôle. Il n’est pas le seul à avoir ce genre de démarche, mais c’est très rare.
  • La deuxième piste est ce que l’on nomme – mal – les pratiques en amateur. Travail et culture a mené un chantier dans le Valenciennois sur le travail sur le fleuve avec les mariniers et sur les berges du fleuve avec les ouvriers de la métallurgie. Ces échanges ont ensuite été restitués avec des œuvres hybrides construites entre professionnels et amateurs, sur la manière dont ils regardent leur travail. Ainsi, par exemple, deux grutiers ont fait un film de sept minutes. Ce sont des micro-expériences mais c’est un point d’appui à la demande syndicale qui est de faire entrer l’expression culturelle dans le monde du travail.
  • Car utiliser les moyens de la création artistique peut régénérer la relation au travail. Et cela confirme aussi que le monde du travail est un monde cultivé, un monde riche d’expériences et de propos qu’il suffit d’aller chercher sur place, là où est le travail. »
  • Nicolas Naudé, directeur de Travail et culture

« Le conflit social et le conflit théâtral peuvent se réunir pour que l’artiste ait quelque chose à raconter » (Bruno Lajara)

  • « Le monde du travail a été un moteur historique de la culture. Dans les grandes luttes sociales des 50 dernières années, les artistes se sont accaparés ce milieu.
  • Pendant des années, la représentation du travail dans la culture se limitait au monde ouvrier. Aujourd’hui, la majorité des spectacles qui parlent du monde du travail parlent du monde ouvrier mais aussi des burnouts, des problèmes des cadres, des centres d’appel. Pour créer une pièce et rendre perceptible quelque chose, l’artiste a besoin d’un conflit. Le conflit social et le conflit théâtral peuvent se réunir pour que l’artiste ait quelque chose à raconter.
  • Moi-même, mon premier spectacle parlait d’une fermeture d’usine, son impact sur vie familiale des ouvriers, leur vie sociale, économique.
  • Mais pour pouvoir parler de ce sujet, et lier le travail et la culture, il faut rentrer dans l’entreprise et ce n’est pas toujours facile. Il y a un manque de compréhension et de contact entre le monde du travail et le monde artistique. Il y a un gros travail à faire pour que le milieu culturel et le milieu du travail se réunissent pour qu’il n’y ait pas d’effet d’instrumentalisation des thèmes liés au travail dans l’art, comme après qu’une usine ait fermé par exemple.
  • Cette évolution est nécessaire afin de ne pas faire le jeu médiatique, et parler artistiquement du monde du travail avant que l’usine ait fermé.
  • Aujourd’hui, nous sommes à un stade d’évolution. Depuis vingt ans, des spectacles fondateurs sont nés, mais il faut aller plus loin pour soutenir les salariés, avec l’éducation populaire, l’ouverture, l’échange. L’abstention culturelle est très importante, les publics ont du mal à se renouveler. Les artistes doivent donc travailler avec les CE pour développer ces nouveaux thèmes pour aider les ouvriers.
  • Le syndicalisme doit être un espace de réflexion sur la culture de demain, sur ce que l’on fait, comment on le fait. »
  • Bruno Lajara, metteur en scène, Centre d’art et de transformation sociale, Arras

« Aujourd’hui, quand on va au travail, on ne fait que travailler » (Philippe Martinez)

  • « On ne filme le travail que parce qu’une usine ferme ou parce qu’il y a un conflit social. Le regard global consiste à filmer des ouvriers qui pleurent ou qui brûlent des pneus. De manière générale, il est impossible d’entrer dans une entreprise – même pour moi – pour voir le travail.
  • On a l’impression que l’on veut cacher le travail et la culture liée au travail – y compris l’amour du travail. Si, comme on veut nous le faire croire, l’entreprise est le premier lieu d’épanouissement de l’individu aujourd’hui, et si tout le monde s’éclate dans l’entreprise, que l’on ouvre les portes et qu’on le laisse voir !
  • Des études ont pu être menées à l’initiative de syndicats ou de chercheurs sur la souffrance, la maladie ou le sentiment de mal travailler dans les entreprises. Mais jamais les artistes ! Jamais les entreprises n’ouvrent les portes aux artistes alors qu’elles affirment que tout va bien.
  • Aujourd’hui, les comités d’entreprise vont mal et sont attaqués. Un salarié sur deux regarde avec envie les entreprises qui ont un CE.
  • Il faut faire en sorte que l’accès à la culture aille mieux. Quand en 1936 a été créée la Maison des métallos, la première chose qu’ils ont faite a été d’ouvrir une bibliothèque. Mais, aujourd’hui, comme la subvention aux CE est considérée comme un salaire, voire comme un privilège, et apparaît sur la feuille de paye des salariés, on dénature complètement l’origine et la motivation des CE. Il faut se battre pour rendre leur vrai sens aux CE.
  • Aujourd’hui, quand on va au travail, on ne fait que travailler. Les espaces d’échange entre salariés, et souvent les échanges eux-mêmes, sont organisés par les directions des entreprises, en les limitant toujours plus. C’est en pensant à la culture que la CGT se bat pour plus de démocratie dans l’entreprise.
  • La grande question est savoir comment faire en sorte que ceux qui disent que le théâtre, l’opéra, l’art ou la lecture ne sont pas pour eux cessent d’avoir ce réflexe ? Comment faire comprendre aux travailleurs que la culture n’est plus un lieu réservé ? »
  • Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

« La représentation artistique du monde du travail ne doit pas se limiter à montrer la crise » (Nicolas Naudé)

  • « On a constaté qu’on ne capitalisait pas, qu’on ne retenait rien des expériences qu’on avait vécues précédemment à travers des initiatives, des rencontres. Nous en avons parlé au ministère de la Culture, qui nous a dit de proposer des projets. Nous avons donc pensé qu’il serait intéressant, à l’air du numérique, qu’une plateforme-ressource regroupe la culture et le travail, avec un agenda partagé d’initiatives nationales dans toutes les disciplines. Les gens peuvent l’éditorialiser avec la date, l’heure et le sujet de leurs événements. Ce projet est lancé depuis deux mois et fonctionne bien. Notre plateforme est divisée est plusieurs espaces :La plateforme offre une occasion aux acteurs culturels d’être reconnus et d’avoir accès à des ressources diverses.
    • Un espace ressource, où l’on essaie de capitaliser par catégories sur ce qui se produit sur le thème du travail. Les utilisateurs de la plateforme peuvent consulter un spectacle, une publication, un projet hybride.
    • Un espace réseau, qui regroupe un réseau national d’acteurs. Aujourd’hui, nous avons sept acteurs principaux avec le CCAS, des CE, des institutions du MC et des associations telles que « Théâtre et monde du travail »
    • Un espace documentation qui regroupe et met à jour tout ce qui est publié en lien au monde de la culture et du travail.
  • Il faut prendre en compte que la propriété privée fait partie de la loi et qu’il est donc compliqué d’accéder à des territoires comme ceux de l’entreprise. Pour répondre à ce problème de l’inaccessibilité du monde du travail, nous essayons d’élargir notion de travail à d’autres territoires : la formation, l’apprentissage, les lycées professionnels. Ils sont concernés par la notion de travail, même si ce ne sont pas des territoires de l’entreprise.
  • De plus, la représentation artistique du monde du travail ne doit pas se limiter à montrer la crise, car ce serait comme la cautionner. Nous essayons d’explorer toutes les dimensions de l’activité de travail, de voir comment les gens font leur travail, comment le travail les singularise. »
  • Nicolas Naudé, directeur de Travail et culture

« L’Envol, premier centre d’art et de transformation sociale en France » (Bruno Lajara)

  • « On ne peut pas prendre de décision culturelle sans prendre en compte les évolutions du monde. En 2000-2001, la crise financière en Argentine a conduit le pays à la faillite. Là, ouvriers et artistes ont repris des usines parce que les patrons étaient partis en Europe. Les ouvriers pour faire tourner l’appareil de production et les artistes pour apporter autre chose. J’y suis allé à cette époque et j’ai gardé cet exemple en tête en me disant que cela allait arriver en Europe.
  • Je viens du bassin minier et j’y ai vu le délitement des structures politiques et culturelles. La montée du Front national et des institutions culturelles qui ne s’adressent plus à des citoyens mais à des publics. Au ministère de la Culture, on a supprimé tout le travail en lien avec les citoyens ou les syndicats. Au mieux, lorsqu’ils se mobilisent pour élargir le public, les CDN accueillent des scolaires jusqu’au bac…
  • J’ai créé L’Envol, centre d’art et de transformation sociale, qui est le premier en France alors qu’en Amérique latine, une vingtaine de pays en possèdent, à destination des populations des quartiers prioritaires et surtout de la jeunesse. Mon constat de départ est que 140 000 jeunes décrochent chaque année. L’Envol accueille une quinzaine de jeunes pendant 7 mois à raison de 25 heures par semaine. Ils prennent la parole en écrivant un projet citoyen.
  • L’Envol est soutenu par la Fondation Abbé Pierre et des entreprises mécènes.
  • Quand notre président de région lance le slogan « au travail ! », l’enjeu est aussi de redonner goût au travail à des jeunes qui en sont à la troisième génération de chômeurs, qui ont des parents qui n’ont parfois jamais eu de travail salarié durable.
  • Or, à la sortie de L’Envol, 75% des jeunes reprennent études ou travaillent. Et cette transmission sur le travail lui-même passe aussi par la culture. »
  • Bruno Lajara, metteur en scène, Centre d’art et de transformation sociale, Arras

« L’urgence absolue est de s’organiser concrètement » (Philippe Martinez)

  •  « Avec ce débat, je suis conforté dans l’idée qu’il faut des lieux d’échange et de rencontre entre les uns et les autres, dans les territoires, les localités, les entreprises – ou à la porte des entreprises.
  • Quand on demande aux salariés de parler de leur travail, ils ne s’arrêtent plus. Mais, de plus en plus, ils expriment comment ils aimeraient le faire et non comment ils le font vraiment.
  • Et on ne leur demande pas toujours clairement de s’exprimer, y compris nous, syndicalistes. Créons des ateliers d’écriture, dis-je parfois à mes camarades de la Confédération.
  • La question est de redonner du sens au travail, au beau travail. Or il y a beaucoup d’endroits où des salariés disent, les larmes aux yeux, qu’ils ne veulent pas que leurs enfants fassent le même travail qu’eux. Et, comme on vient de le dire, il y a aussi des familles qui ne connaissent plus le travail depuis des générations.
  • Alors, il faut garder en tête les croisements d’expériences – créer des réseaux, faire se croiser les initiatives jusqu’alors parallèles, faire circuler les idées. L’urgence absolue est de s’organiser concrètement. »
  • Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

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